Comme beaucoup de monde j’étais assez sceptique sur l’apport du BIM en études de prix bâtiment. Finalement j’ai été rapidement convaincu. L’essayer c’est l’adopter ! Il n’y a que les c**** qui ne changent pas d’avis !
Maquette numérique BIM – Comment je m’y suis mis ?
Dans un dossier de consultation des entreprises, il y avait une maquette numérique au format IFC.
D’après le sondage que j’ai réalisé sur LinkedIn, il est assez rare qu’il y ait une maquette numérique dans un DCE :
- Jamais : 64% des réponses
- Une seule fois : 11% des réponses
- Plusieurs fois : 14% des réponses
- On monte la maquette nous-même : 11% des réponses.
Je recevais régulièrement de la part d’un éditeur de logiciels de CAO de la publicité pour l’un de leur module BIM. La solution paraissait vraiment intéressante. Elle permettrait de faire cela :
- Ouverture, l’affichage et la modification de fichiers IFC ;
- Conversion des fichiers IFC en éléments 3D exploitables en CAO ;
- Export de la maquette numérique dans plusieurs formats : DWG, OBJ, STL, PDF 3D, IGES, STEP, HTML (WebGL) ;
- Séparation automatique des étages et familles d’éléments dans des calques séparés.
- Visualisation en perspective, projetés, vue dessus, coté … ;
- Mode visualisation Filaire, arrêtes cachées, Remplissage simple ou Rendu avec ombres.
- Export des projections 2D au format DWG et Image ;
- Impression à l’échelle des projections ;
- Affichage dynamique de l’arborescence du fichier IFC, repérage des éléments ;
- Affichage, modification des informations : modification et/ou ajout de propriétés ou de quantités ;
- Module de métré intégré pour vérification ou métré contradictoire ;
- Système de récapitulatif automatisé : production de fichiers Excel contenant un récapitulatif des quantités par étage, et par type d’éléments.
La dernière fonctionnalité me paraissait vraiment « magique ». Je décidais donc de demander une démonstration du produit. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez que je vous indique le nom du logiciel.
Et en effet j’ai été bleffé. Je décidais donc d’acheter le logiciel et j’attaquais ma nouvelle étude.
Etude de prix avec la maquette numérique BIM
Il s’agissait d’une étude à réaliser en un temps record (comme souvent !!!). Je me disais que si je gagnais énormément de temps en métré, je pourrais me concentrer davantage sur le prix. Et donc avoir plus de chances de remporter le projet.
Allez ! Je me lance. Première étude de prix en BIM.
J’ouvre le logiciel, j’importe la maquette :
- Extraction des éléments géométriques …
- Lecture fichier IFC
- Analyse structure fichier IFC …
- Tri entités
- Analyse des calques….
Et la maquette apparaît :

A gauche de mon écran, une arborescence complète du bâtiment :

En appuyant sur les petits « + », j’ouvrais chaque élément et en cliquant dessus, l’élément apparaissait en couleur dans la maquette :

C’est quand même super pratique pour le repérage.
Ensuite je voulais tester la fonction magique d’export des caractéristiques de chaque élément (entité, propriété, quantités, matériaux). Et oui c’est magique !
J’ai récupéré sous format Excel, donc facilement exploitable par tri multiple, l’ensemble des éléments avec leurs caractéristiques.

Vous imaginez le gain de temps par rapport à un métré manuel.
Je ne vous cache pas maintenant, que pour chaque dossier, je demande systématiquement s’il est possible de récupérer la maquette numérique au format IFC. De plus cela me permet de faire une proposition de service financièrement plus avantageuse pour mon client. En effet je passe moins de temps. Environ -40% de temps sur le métré.
Du coup j’ai adapté mon outil de chiffrage pour avoir un ensemble optimisé. Comme tout est sous Excel, l’automatisation a été possible.
Pour vous, c’est possible de faire une étude de prix TCE (hors lots techniques) d’une opération de 130 logements, métré + chiffrage, seul, en 3 semaines ? Bah aujourd’hui je peux vous répondre OUI ; à condition d’avoir une maquette au format IFC dans le dossier.
Et le résultat de tout ça ? On est arrivés premiers en prix en plus.
Et le travail collaboratif dans tout ça ?
Sur un des projets où j’avais la maquette numérique BIM, un bureau d’étude méthode avait été missionné. Tout de suite on a parlé du BIM. Quel apport ont-ils eu dans le processus étude. Allez fin du suspense ! Ils ont créé une caractéristique complémentaire à chaque élément structurel : le mode opératoire. Pour chaque objet, je savais donc s’il était préfabriqué, coulé en place… Et par simple export des données, il était alors plus facile de métrer et chiffrer.
Vous vous dites surement que le BE Méthode a eu plus de travail. En fait non ! Je leur ai fourni les quantités du projet. Ils ont ainsi gagné beaucoup de temps dans le métré opérationnel pour les charges de grue et la planification du projet.
On aurait pu faire exactement la même chose avec un bureau d’études structures, en ajoutant les données de ratios d’aciers.
Allez petit récapitulatif
Inconvénients
- Analyse critique importante à avoir
- Maquette mise à jour ?
- Maquette complète ?
- Fichier de chiffrage à adapter (convention de métré)
- Travail d’ingénieur plus que métreur
Avantages
- Visualisation (gain de temps en compréhension)
- Gain de temps en métré
- Production de plan
- Coût de l’étude plus faible
- Processus collaboratif (BE Méthode : modes opératoires / métré opérationnel, BE structure : ratios)
Finalement depuis que je me suis mis au BIM, je trouve cela vraiment puissant. On gagne beaucoup de temps en compréhension de l’objet à construire. Le métré est automatique. On peut se concentrer sur le prix. De plus si toute l’équipe travaille en BIM, les chances d’avoir le meilleur prix technique sont grandement augmentées.